Alors que le débat sur l’abolition de la prostitution a pris une large place dans l’actualité, Le Grand journal a souhaité organiser, lundi 2 juillet, son « débat » sur la question. Pour respecter le minimum syndical – nécessaire mais non suffisant – que requiert un débat contradictoire équilibré, deux représentantes d’associations féministes que tout oppose radicalement, étaient invitées sur le plateau : Morgane Merteuil du Syndicat du travail sexuel (STRASS) qui défend le « métier des travailleuses du sexe » et Thalia Breton d’Osez le féminisme ! (OLF) qui défend l’abolition de la prostitution.
Difficile jeu d’équilibriste auquel se prête Michel Denisot sur le plateau du Grand journal. Les conditions d’un débat équilibré semblent pourtant être respectées avec les porte-parole des deux positions défendues sur le plateau. Mais si l’on regarde de plus près ces conditions, ce n’est pas tout à fait le cas.
En dehors des deux débatteuses, le plateau est composé du présentateur, Michel Denisot, de quatre participant-e-s réguliers, Ollivier Pourriol, Ariane Massenet, Jean-Michel Aphatie, Vincent Glad, ainsi que de l’invité politique, Henri Guaino. Soit cinq hommes et une femme. Avant même que ne commence le débat, Vincent Glad utilise en guise de présentation, un échange de tweets entre Morgane Merteuil (STRASS) et une internaute qui décrit Thalia Breton (OLF) comme étant illégitime et agressive.
Voici l’échange de Tweets :
- « Morgane Merteuil : donc ce soir c’est face à Thalia Breton…
- Polyame : c qui elle ?
- Morgane Merteuil : une porte parole d’OLF. dc d’un illégitime à s’exprimer sur le sujet ; de 2 particulièrement agressive. »
Après avoir montré cet échange, le jeune journaliste demande à Morgane Merteuil si la représentante d’OLF est réellement illégitime pour parler de cette question. Sa réponse est légèrement plus nuancée que son tweet, mais elle maintient que sa contradictrice reste moins légitime car « elle n’est pas travailleuse du sexe ». S’ensuivent alors une série de questions qui empêchent tout droit de réponse de Thalia Breton qui, sans n’avoir encore pu prononcer le moindre mot, est d’office indirectement présentée comme illégitime et agressive.
Après sa première intervention suite à la question d’Ariane Massenet sur « la prostitution [qui] n’est pas un métier », Thalia Breton prend une deuxième fois la parole pour tenter d’expliquer sa position pour l’abolition de la prostitution – ou « abolitionniste » – qui est très peu connue du grand public. Mais voilà, l’explication d’une position peu connue, requiert beaucoup de temps afin de déconstruire des « évidences » du discours dominant. Or, tandis que la porte-parole d’OLF se lance dans cette difficile explication, la régie de Canal Plus diffuse en même temps par réflexe sondomaniaque, un sondage donnant 54 % des français « opposés à la disparition de la prostitution »[1]. Cela a pour effet de donner au même moment deux informations contradictoires et donc des chances de déconcentrer le téléspectateur. De plus, pendant sa même intervention, une affiche du STRASS apparait dans les écrans derrière Michel Denisot et non pas une de son organisation. Cela fait donc deux éléments allant dans le sens du STRASS qui apparaissent pendant le temps de parole d’OLF, ce qui pèse l’air de rien dans le déséquilibre des paroles.
Vient ensuite la question d’Ollivier Pourriol qui mérite que l’on s’y arrête : « Est-ce que vous entendez l’argument selon lequel en pénalisant les clients, on va faire peur à ceux, en fait, qui respectent la loi ou qui ont plutôt peur d’être punis par la loi, et donc vous allez supprimer les clients qui étaient plutôt respectueux de la loi, il ne va rester que les plus violent. Donc vous allez augmenter la violence dans la pratique réelle du métier ». Ollivier Pourriol, en posant cette question à la féministe abolitionniste, ne fait que reprendre à nouveau un argument en faveur de la prostitution. A tel point que lorsqu’elle commence sa réponse, Ollivier Pourriol l’interrompt immédiatement pour lui dire « Vous pouvez demander à votre voisine ». En revanche, aucune question en faveur de l’abolition n’est posée à Morgane Merteuil.
Toujours pendant le temps de parole d’OLF, Thalia Breton est interrompue à deux reprises par Morgane Merteuil, hachant ainsi l’argumentation et perdant du temps de parole. A la seconde interruption par la représentante du STRASS, Ariane Massenet rebondi sur sa remarque, en disant « oui c’est une bonne question », ce qui casse définitivement le fil du discours pour commencer sur un autre sujet. Michel Denisot s’y met lui aussi. En allant manifestement dans le sens du STRASS, il pose la question de la « liberté » du métier des travailleuses du sexe à la porte-parole du STRASS.
Enfin, et alors que ce « débat » est expédié en sept minutes (impossible de convaincre en deux minutes de temps de parole cumulées) entre deux porte-parole d’association, Michel Denisot à la bonne idée de demander à l’invité politique Henri Guéno, qui n’est pas franchement connu pour son progressisme, son avis sur l’abolition de la prostitution. Comme l’on pouvait s’y attendre, il apporte davantage d’eau au moulin « contre-abolitionniste » avec un air d’évidence, déséquilibrant ainsi plus encore le « débat ».
Voilà donc le résultat de l’organisation de la mise en scène d’un débat censé être équilibré par des « journalistes » professionnels de Canal Plus. Sous couvert de questions impartiales, ces journalistes n’ont fait que reprendre des arguments contre l’abolition de la prostitution. La porte-parole d’Osez le féminisme, s’est donc confrontée sans que les téléspectateurs ne s’en rendent compte, à six contradicteurs et contradictrices[2], au lieu d’une seule.
[1] Sondage Harris Interactive pour le magazine Grazia rapporté ainsi par Canal Plus: « 54% des français sont opposés à la disparition de la prostitution ».
[2] Tous les participants à l’émission sont intervenus à l’exceptionnelle exception de Jean-Michel Aphatie.



Le Strass féministe ? Qui défend l’auto entreprenariat de la prostitution – siège de l’association dans les camionnettes qui confisquent le domaine public ? Première nouvelle.
Débat déséquilibré? Quand OLF dispose de tous les réseaux media? A pignon sur rue? A les moyens d’organiser des conférences énormes avec un relais médiatique très consistant? Quand Caroline de Haas, ancienne porte-parole d’OLF, a gratté une place auprès de la ministre des droits des femmes?
Par ailleurs, Guaino n’est certainement pas un soutien du STRASS, qui, au contraire d’OLF qui n’a aucun scrupule à co-signer l’appel "Abolition 2012" avec les Etudiants "pro-vie" (anti-avortements, anti-choix), sait choisir ses alliéEs.
Et oui, Thalia Breton est illégitime à parler de la prostitution, face à Morgane Merteuil, qui parle à la première personne, évoque son propre vécu en connaissance de cause pendant que Thalia Breton théorise au mépris de la santé publique.
C’est la position abolitionniste qui est LA position mainstream… Désolée mais QUELLE position a été relayée en bloc par Najat Vallaud Belkacem?
Excellentes remarques de @Cécile Lhuillier…
Tout a fait d’accord avec Mademoiselle Lhuillier. Quand a vous Gamina, si votre vrai probleme avec les prostituees c’est qu’elles "occupent l’espace public avec des camionettes"…. vous etes effrayante. Vous prenez vraiment le mot abolition au sens premier. Vous savez quel systeme politique a voulou se debarasser des putes egalement? Le front de gauche devrait faire gaffe de ne pas endre un peu vers un autre extreme.
Quelle culot de donner des leçons sur le respect de la parole de chacunE, et sur la qualité d’un débat pour défendre une association proto-féministe n’est même pas foutu de les respecter au sein même de son organisation.
SAUVEZ LE FEMINISME !!! CA URGE !
Tout à fait d’accord avec Cécile Lhuillier.
OLF n’est légitime ni pour parler du travail du sexe, ni pour parler de féminisme.
Quand on entend des arguments du style "je ne connais aucune petite fille qui voudrait faire prostituée quand elle sera grande" (lu 300 fois sur la page fb d’OLF)
Moi je pense à l’argument façon Christine Boutin contre l’IVG : " je ne connais aucune petite fille qui voudrait se faire avortée quand elle sera grande"
Pour ce qui est de cet article :
Je trouve hallucinant que le Front de Gauche tombe aussi bas.
Rappelons tout de même le contexte médiatique : les abos sont sur-représentés et hyper bien placés dans l’appareil politique.
Si vous voulez voir à quoi ressemble une critique média honnête, je vous conseil d’aller sur Acrimed, ils en ont des tonnes. Ou de relire Chomsky et Foucault sur la question.
Pour moi, l’abolitionnisme c’est une forme réactionnaire de féminisme. Je ne comprends pas comment un parti de gauche pourrait les soutenir. A moins qu’ils ignorent tout de la question et qu’ils ne prennent pas la peine d’aller voir ce qu’il se passe sur le terrain.
Les lois abos font des dégâts terrible sur la santé, la sécurité et renforce la précarité. Même l’ONU, (surement noyauté par ces monstres du Strass) la récemment affirmé.
La gauche devrait se remettre en question quand elle se retrouve à allez à l’encontre une demande syndicale qui se résume à "plus de droits" (sociaux notamment , on parle de retraite, tout ça……)
Dire que j’ai voté Fdg ….
Vous devriez venir voir ce qu’il se passe dans les associations de santé communautaires. Allez parler avec les gens sur le terrain, plutôt que de prendre des décisions/ postures, sans avoir bougé le petit doigt de son bureau.
Aurélien, ancien travailleur du sexe.
Curieux de voir à quel point ce débat déclenche les passions : on ne peut pas sereinement échanger arguments et contre-arguments sur le sujet sans se lancer des anathèmes à la figure ? Ici en l’occurrence, le papier n’est pas "pour ou contre" la prostitution : c’est une analyse de la mise en scène médiatique d’un pseudo débat. Évidemment, la position de son auteur transparaît dans l’article et a certainement orienté son analyse. Tenter de discréditer une association sous prétexte qu’elle porte une position différente de la sienne propre, c’est trop facile ! Confrontons plutôt les arguments.
Permettez qu’en tant que militante de ladite association, je revienne quand même sur quelques critiques portées contre elle. OLF disposerait de tous les relais médias ? Un gros boulot à été fait depuis la création de l’asso il y a 3 ans pour constituer patiemment et méthodiquement un fichier médias qu’on harcèle ensuite par mail et relances téléphoniques à chaque fois qu’on fait une conférence de presse. Perso, je ne trouve pas que le Strass soit inaudible, loin s’en faut. Sur son champ d’action, la prostitution, il est d’ailleurs bien présent maintenant, non ?
La co-fondatrice et ancienne présidente de l’association est maintenant conseillère de la ministre des droits des femmes : elle n’a pas "gratté" une place, elle l’a obtenue par ses compétences, son engagement militant de longue date au sein du PS (dont elle n’a jamais fait mystère), sa connaissance des dossiers, sa capacité de travail… So what ??? Qui a dit que Guaino était le soutien du STRASS ? Je n’ai pas lu ça dans le papier de Lucas. En revanche, il a émis un point de vue congruent avec celui du Strass, c’est un fait.
Nœud de l’affaire, et là on sort de la critique stérile d’une asso : toute personne n’ayant pas expérimenté par elle-même une situation serait illégitime pour en parler ? Autant la boucler tout de suite sur la plupart des sujets ! Ça me rappelle un truc qu’on avait tant décrié à l’époque : le côté démago du citoyen-expert face au "politicien" forcément corrompu et mu par ses propres intérêts perso et contraires à l’intérêt général évidemment. Non, ça n’est pas comme ça que ça se passe ! Opposer théorie et pratique est facile là encore et ne résiste pas à l’analyse : je me préoccupe du sort de mes congénères, que j’aie moi-même vécu ou pas la situation qu’ils et elles endurent. Et ça vaut pour tout : je milite en faveur de la régularisation des travailleuses et travailleurs sans papiers par exemple, de quel droit puisque moi j’ai des papiers et ne suis pas exilée dans un pays étranger ?
Enfin, la position abolitionniste serait la position mainstream. Les lignes sont peut-être actuellement en train de bouger, ne vous en déplaise, mais en l’état actuel, les rares enquêtes d’opinion sur le sujet ont plutôt tendance à montrer que la majorité des gens conçoivent pas une société sans prostitution parce que ce serait le plus vieux métier du monde, que les hommes auraient de besoins sexuels irrépressibles, etc. Enfin, désolée pour la longueur de mon commentaire :-/, je ne comprends pas à quoi fait référence le com de Deschamps : asso protoféministe (ça je comprends le terme mais le récuse évidemment, vous vous en doutez !) qui "n’est pas capable de les respecter au sein même de son organisation" : respecter qui ? Les personnes prostituées ? Ou respecter la parole de chacun-e ? Je ne vois pas de quoi il s’agit là. Quoi qu’il en soit, je me répète : l’enjeu autour de cette question d’abolition de la prostitution est trop important pour qu’on esquive le débat en jetant le discrédit sur une asso sous des motifs de surcroit fallacieux.
La position qui est défendue par le STRASS le serait d’autant mieux que ce dernier échangerait vraiment sur le fond, vous ne pensez pas ?
Cela est en effet vraiment hallucinant de voir des camarades du PG et la gauche en général adopter une position politique si dommageable et mépriser ainsi un syndicat de travailleurs…
Et au fait, arrêtez de vous appeler ou de les appeler "abolitionnistes" ce qui offre une connotation juridique et une sonorité libératrice au même titre que l’abolition de l’esclavage. Face au "réglementarisme" qui me semble être une meilleure réponse à gauche contre la souffrance et ses inégalités de genre, se dresse surtout un "PROHIBITIONISME" qui ne cherche pas à abroger des lois – contrairement à la lutte contre l’esclavage – mais veut interdire, prohiber, un comportement social, une liberté.
Je réponds un peu en vrac, désolée..
Le STRASS n’échange pas sur le fond? Prenez la peine de jeter un oeil sur leur site, on peut difficilement dire qu’il n’y a pas de "fond", quant à l’échange, encore faut-il qu’on leur en fournisse l’occasion.
Ensuite, personne n’a dit que toutE non-pute n’avait qu’à la boucler sur la question du travail sexuel, simplement, pouvez-vous entendre que lorsqu’unE travailleuRse du sexe affirme qu’il / elle a choisi son activité, il / elle lui est insupportable de s’entendre répondre que c’est faux, qu’il / elle se trompe, qu’il / elle est aliénéE, ne se rend pas compte, n’a pas conscience de la domination qu’il / elle subit, est unE inadaptéE socialE (ordonnances de 1960).
Question communication, le STRASS n’est pas inaudible, parce qu’il s’en donne les moyens, parce que quand Najat Vallaud Belkacem annonce sans le consulter qu’elle compte mettre en place des mesures iniques visant à l’"abolition de la prostitution", le STRASS va trouver la ministre.. A défaut d’avoir été convié à une quelconque discussion..!!
Par ailleurs, je veux bien croire que des centaines de militantEs aient patiemment constitué un fichier media avec leurs petits doigts, mais j’ai du mal à avaler que la fonction alors occupée par Caroline De Hass, à l’époque porte-parole d’OLF ET chargée de communication de Benoît Hamon, n’ait pas un tant soit peu facilité le travail….
Sur ce point, de toute évidence OLF a ses entrées là où le STRASS ne les a pas. Tout comme l’Amicale du Nid rafle des subventions, tout comme sysiphe.org a pignon sur rue etc etc etc…
Vous le dites vous-même : qui est au ministère à ce jour? Qui a tout pouvoir d’influencer les politiques publiques en la matière?
Quant à la question du discrédit, renseignez-vous sur l’historique : les abolitionnistes n’ont de cesse de mettre en avant le caractère "minoritaire" du STRASS, le fait qu’il soit aussi composé d’hommes et de… trans! Eh oui, pour certainEs "féministes" la convergence des luttes a ses limites!
Ensuite, quel rapport entre l’influence des abolitionnistes et l’opinion du grand public? Et quel intérêt au débat? Est-ce qu’une seule fois le STRASS, organisation de putes, ou les structures qui le soutiennent (c’est à dire, by the way, l’ensemble des associations de santé communautaire et/ou de lutte contre le sida) ont mis en avant ces conneries de besoin irrépressible des mecs? Ce qui est invoqué c’est d’une part la liberté de disposer de son corps, d’autre part des motifs de santé publique, qu’OLF et consorts ignorent allègrement, "ne vous en déplaise".
Plusieurs rapports prouvent que la pénalisation des clients est une mesure dangereuse d’un point de vue sanitaire, contre-productive en terme de lutte contre les réseaux. Le dernier a une semaine et émane de l’ONU, le STRASS aurait lobbyé les nations unies??
http://www.hivlawcommission.org/resources/report/FinalReport-Risks,Rights&Health-FR.pdf
De même :
http://www.petraostergren.com/upl/files/56646.pdf
http://www.cns.sante.fr/spip.php?article352
http://library.catie.ca/PDF/P30/22695.pdf
Je vous suggère aussi de prendre connaissance le récent communiqué de presse du Mouvement Français pour le Planning Familial (structure hautement porno-pro-sexe, comme chacunE sait!) intitulé : "on peut être féministe et être contre la pénalisation des clients".
Etc etc etc…
Je pense qu’on ne peut pas débattre d’une telle norme de société (à savoir si on peut accéder aux sexes des femmes par la voie marchande) à la légère. La prostitution est un fait de société qui concerne directement les rapports entre femmes/hommes et la construction du genre dans l’esprit et dans les mentalités. Selon si un pays autorise ou combat ouvertement le fait d’acheter l’accès au sexe de certaines personnes, ça conditionne forcément leurs rapports. Un petit garçon qui nait dans une ville où on voit des maisons closes n’a pas la même image des rôles des femmes et des hommes que s’il nait dans un pays où on lui dit que ce n’est pas envisageable.
Je vous livre l’extrait d’un livre “Le livre noir de la prostitution” (Albin Michel) :
“Une prostituée sur deux a eu des contacts avec la prostitution dès son enfance et un tiers a eu une mère ou une parente prostituée. [...] Un tiers des prostituées mineures enquêtées a été victime de viol par des adultes connus d’elle entre l’âge de trois ans et de quinze ans… [...] 80% des prostituées a subi des abus sexuels au cours de l’enfance. »
La 1ère des mesures est d’imposer à l’Éducation Nationale une réelle éducation à l’égalité et à la sexualité. Considérer que la sexualité des femmes peut être achetée par des hommes renforce deux idées essentialistes, d’abord qu’il y aurait une libido spécifique et irrépressible des hommes pour laquelle la société doit prévoir un "réservoir" de femmes sexuellement disponibles, et aussi que les corps et le sexe des femmes doivent être mis à la disposition des pulsions sexuelles masculines.
Je suis contre la marchandisation de la sexualité. Dans le monde libéral "Le client est roi" ! Dans le cadre de ce métier, la prostituée ne peuvt que se plier à des pratiques intimes commandées par le client. Mais la sexualité, pour ne pas être violente, doit être faite dans le cadre d’un désir mutuel et réciproque.
La liberté sexuelle, c’est d’abord la réciprocité du désir et du plaisir, la liberté de choisir son partenaire et ses pratiques sexuelles, c’est impossible de qualifier de “libre” un contexte où l’homme paye pour pousser la femme, par la pression de l’argent, à avoir telles pratiques sexuelles avec lui.
La prostitution est le dernier bastion d’une longue histoire du patriarcat où le désir de l’homme a toujours primé sur celui de la femme, d’où les traditions des mariages arrangés, du droit de cuissage, des viols et de viol conjugal.
Pour finir, j’aimerai poser la question la plus cruciale, celle du projet de société que nous voulons : Acceptons-nous que la prostitution devienne un métier comme un autre, avec des campagnes publicitaires affichant des soldes sur les prostituées, voire des menus où on a droit à “un repas, une chambre et une prostituée” ? Le proposerons-nous à nos enfants : "Veux-tu être secrétaire, PDG ou prostituée ?"
À celles et ceux qui disent que la politique abolitionniste est une atteinte à la liberté, j’aimerai rappeler que les sociétés ont toujours fixé des limites dans tous les domaines. On l’a fait pour la majorité sexuelle, pour le temps de travail légal, et même la liberté d’expression ! Les propos négationnistes ou appelant à la haine raciale et homophobe sont aujourd’hui interdits et punis par la loi.
Peut-on, au nom du désir d’une minorité de femmes qui vivent bien la prostitution, justifier la mise sur le marché de la sexualité ? Elles n’ont pas à disposer d’une norme à propos de laquelle une société doit débattre collectivement en se posant des questions essentielle : Est-ce que la sexualité s’achète ? Doit-elle obéir aux lois du marché ? A-t-on eu raison d’interdire aux nain-e-s, même consentant-e-s, de faire leurs fameux lancers de nains au nom de la dignité ? Est-ce normal que les hommes puissent accéder au sexe des femmes par la voix marchande ? etc.
"Et au fait, arrêtez de vous appeler ou de les appeler “abolitionnistes” ce qui offre une connotation juridique et une sonorité libératrice au même titre que l’abolition de l’esclavage. Face au “réglementarisme” qui me semble être une meilleure réponse à gauche contre la souffrance et ses inégalités de genre, se dresse surtout un “PROHIBITIONISME” "
TRES JUSTE! il ne s’agit pas d’abolition, cessons d’utiliser ce mot qui est trés positivement inscrit dans les mémoires: il s’agit là, quand on écoute Tania et autres OLF, de prohibition, d’ordre moral et d’appropriation de la parole par des gens qui n’ont aucune légitimité mais qui s’arrogent le droit de parler au nom de toutes les femmes.
en tant que femme, féministe, non pute, je refuse que ma parole soit volée par des "féministes" comme OLF et consort qui se posent en idéologues patentées de la cause des femmes.
quant à ceux qui ont voté front de gauche sans connaître leurs positions sur le sujet du travail du sexe, ils auraient du ouvrir leurs oreilles avant, car les choses ont été clairement exprimées; c’est la raison qui m’a fait rejeter définitivement cette option électorale.
le plus drôle c’est que ce sont des gens qui prétendent qu’ils ne peuvent en aucun cas être concernés qui décident de prendre une position dictatoriale et d’imposer leurs vues; mais on vous a rien demandé! regardez plutôt les dégâts causés par ce genre de choix, la prohibition, et soyez honnêtes au lieu de vous tenir droit dans vos bottes d’inquisiteurs!
"ne me libère pas, je m’en charge!" disait-on il y a 50 ans. merci de vous en souvenir.
Réponse rapide et embrouillée aux "Les efFRONTé-e-s" :
"Est-ce que la sexualité s’achète ?"
OH, comme s’est mignon comme question.
Alors la réponse est oui, on nomme cela travail du sexe, mariage, publicité, presse, video, telephone, internet …
La sexualité s’achète de partout, sous toutes ses formes.
Si cela vous dégoûte, c’est vôtre le droit. Sachez que Philippe de Villiers soutien votre point de vue, ce qui est toujours réconfortant.
Ce que j’ai du mal à saisir, c’est en quoi mon organe génital est il plus sacré (Alléluia) qu’une autre partie de mon corps ?
Je peux travailler avec mes mains, ma tête, mon dos etc … tout, ça s’est cool. Mais attention, si j’utilise mon sexe … Oula alors c’est une violence, je suis une victime, surement depuis l’enfance en raison des viols multiples, impliquant des animaux, que j’ai subi.
Pardon. Le ridicule de ce débat me sidère un peu ….
Si notre rapport à la sexualité est culturel, alors pourquoi vouloir l’essentialiser ?
En vous lisant j’entends, pour les femmes le sexe s’est sacrée, mais pour les mecs, le sexe est détaché des sentiments. Bonjour le cliché.
Pour ce qui est du passage sur le livre noir de la prostitution, pitié, c’est plus du fantasme qu’autre chose. Mon conseil est toujours le même, allez parler avec les associations de santé communautaire. Elles n’ont pas de représentant chez les socialos, mais elles ont l’avantage d’être sur le terrain toute l’année.
Concernant la construction genrée du rapport homme/femme
Ça pourrait être intéressant, si la prostitution n’était le fait que de femme. Malheureusement pour le manichéisme, les hommes travailleurs du sexe existe. Même si leur proportion est hasardeuse, pour ce qui est de ce que je vois dans mon travail, je dirais 15% (ça en fait du monde).
Donc non la prostitution n’est pas qu’une question de rapport de genre. C’est avant tout une question de santé, de sécurité et de condition de travail.
La dernière fois que j’ai demandé à une travailleuse du sexe qui la faisait souffrir dans son boulot elle m’a répondu :
"Oui on souffre… d’être harcelée par les flics, des arrêtés municipaux (ps), des fourrières, …. les politiciens se donne du mal pour que l’on disparaisse".
C’est ce que j’entends tout le temps. Donc quand je lis : "au nom du désir d’une minorité de femmes qui vivent bien la prostitution". Je suis perplexe.
J’ai mieux : "Au nom du désir d’une minorité d’humain qui vivent bien le salariat, doit on le tolérer ?"
Non parce que le travail est une vraie violence ! un traumatisme de l’enfance ( surement un autre viol collectif zoophile), nous pousse parfois à travailler soit disant de notre plein gré mais c’est faux.
A mort le travail !
D’ou sortez vous qu’il s’agit d’une minorité ? Des chiffres de la police ou d’OLF? (hurlement de rire). Je bosse sur le terrain et ce n’est pas ce que je vois. Désolé de vous décevoir, mais la réalité est plus complexe et le scénario hollywoodien que vous racontez ne correspond pas à la réalité. Il n’est que le reflet de vos principe moraux … que vous tentez d’imposer à tous …un peu comme ceux qui combattaient le droit à l’IVG.
Quand à l’hilarant : "Le proposerons-nous à nos enfants : “Veux-tu être secrétaire, PDG ou prostituée ?” (dont j’avais eu la prémonition lors de mon premier commentaire).
Je réplique : "Veux-tu être secrétaire : exploitée par un patron à longueur de temps et jamais reconnue pour ce que tu fais ? PDG ? afin de pouvoir te repaître d’argent sur le dos des prolos qui rament pour toi ? prostituée ? Pour être payée pour baiser ?"
Perso, mon choix est fait.
Je suis navré si le ton employé parait agressif, je n’ai pas le temps de me relire.
Aurélien, ancien travailleur du sexe, Féministe pro-sexe et Animateur de prévention.
Ce n’est pas parce que quelqu’un est n’est pas d’accord avec une autre personne qu’elle veut l’imposer au monde entier comme un dictateur. Sinon, on pourrait vous dire la même chose… mais on le fait pas parce-que c’est un truc de gamin.
Bon vraiment je suis pressé alors je fais vite :
Non ça n’a rien à voir.
Les abos veulent qu’il n’y ait plus de prostitution : disparition des putes (femmes, trans, homme, tout le monde), sans consultation des premières concernées ou rien du tout.
Moi, je veux que ce celles et ceux qui le désire, puisse exercer ce métier dans de bonne condition.
Dans un cas on impose sa volonté à tous, dans l’autre, on laisse la liberté et on garanti des droits sociaux.
La différence de démarche est tellement évidente….
Un peu la même qu’il existe entre certaines féministes.
OLF dit que être féministe c’est dire aux femmes ce qu’elles peuvent et ne peuvent pas faire, ce qui est bon ou mal pour elle. ( être une pute, c’est très mal).
Les autres (feministe pro-sexe par exemple) pensent que les femmes n’ont pas besoin de berger pour savoir ce qui est bon pour elles. Elles considèrent les femmes comme des être doués de la capacité de réfléchir par elle même.
Je vois que certaines personnes n’apprécient pas vraiment mon analyse sur ce « débat » ou mini-discussion organisée sur Canal Plus… Je vous rappelle que dans mon article je parle de média et non de prostitution (bien que ce sujet soit en toile de fond).
Cécile Lhuillier : Qu’OLF dispose d’un réseau média assez étoffé est une – bonne – chose. Comme le dit Mouss’tic, l’orga a mis 3 trois ans pour se le constitué et l’apport de Caroline de Hass a certes été un net avantage. Cependant quand on a un minimum d’honnêteté intellectuelle, on peut admettre que OLF ne représente pas le discours dominant, bien que Najat Vallaud Belkacem soit ministre et bien que Caroline de Hass aie un poste. Sinon ca voudrait dire que lorsque Mitterrand a abolit la peine de mort, c’était devenu du jour au lendemain la position dominante… C’est pas sérieux. Déjà que le discours féministe est minoritaire dans la société, alors le discours abolitionniste encore moins. Rare sont les personnes dans mon divers entourage qui se prononcent pour l’abolition, car sys-té-ma-ti-quement les arguments qui me sont opposés sont « ouais mais c’est impossible », « ouais mais c’est plus vieux métier du monde », « ouais mais les hommes ont des besoins », « ouais mais c’est la liberté », « ouais mais… ». Et pour répondre à toutes ces « évidences » qu’on entend partout, tout le temps, il faut du temps. Il faut en tout cas PLUS que ces 7 minutes de débats partagées entre 7 intervenants dont qu’une seule abolitionniste. En plus de cela, ça demande du temps sans être interrompu toutes les deux secondes – par Morgane Merteuil qui n’a pour le coup aucun respect pour ses contradictrices – pour soit se faire prendre la parole soit pour dévier le sujet sur une simple remarque.
Je trouve ça tellement marrant que les adhérent-e-s d’OLF ne soient pas légitimes pour parler de prostitution sous prétexte qu’elles ne sont pas travailleuses du sexe (sans oublier qu’il y a d’anciennes travailleuses du sexe aussi dans l’orga ou aillant contacté l’orga). Je trouve ça d’autant plus marrant qu’on ne soit MEME PAS légitime pour parler de féminisme !! N’est-ce pas Aurélien ? Ca c’est vraiment un comble. Alors nous ne sommes bonnes qu’à la fermer ? Ca se voit comme STRASS est très démocrate. Tellement démocrates d’ailleurs que les personnes qui ne sont pas d’accord ne sont pas légitimes, par contre, ca ne gêne pas Merteuil que CINQ hommes non travailleurs du sexe, posent des questions sous forme de reprise argumentaire réglementariste. On la voit même acquiescer. Là par contre ce n’est pas gênant. Pour vous, ils sont parfaitement légitimes pour reprendre les arguments du STRASS ?! Vous feriez mieux de gagner plus en honnêtetés et donc plus cohérentes. Car là, c’est vraiment, vraiment ri-di-cule ! De plus je vous ferais remarquer que Europe Ecologie – Les Verts n’est pas organisation militaire ou composée de militaires, et pourtant elle se prononce pour supprimer la dissuasion nucléaire de la France. Allez leurs dire qu’ils sont illégitimes pour le défendre. Allez-y, si vous pensez qu’il faut être totalement intégrant d’un milieu pour parler de ce milieu. Ma position serait de les critiquer arguments contre arguments car nous sommes en République. C’est une notion qui dépasse le STRASS. En République, tout le monde peut s’exprimer pour le bien de toutes et de tous, quel que soit notre milieu social, notre origine, notre idée politique. Le STRASS est légitime pour parler de prostitution mais totalement illégitime pour donner des brevets de légitimité à d’autres personnes ou organisation féministe.
Je pose la question à Luca : Quelle autre système politique à voulu se débarrasser des personnes prostituées également ? Qui ? J’attends avec impatience ta réponse. Car qui que soit, ça n’a aucune importance. Et on doit faire attention au Front de Gauche à ne pas basculer vers un autre extrême ? Mais dis-moi, qu’est-ce qui est plus extrémiste : le patriarcat ou l’abolitionnisme ? Et puis, je te ferai remarquer que tous les milieux conservateurs, réactionnaires au possible sont pour réglementer. Même Christine Boutin avait proposé la réouverture des maisons closes ! Alors, pour la réaction du FdG/PG on repassera !
Aurélien : Tu trouves que le Front de gauche tombe aussi bas, pourtant d’une part je ne suis pas la voix exclusive du Front de gauche qui n’est pas (pour le moment) officiellement abolitionniste bien que le Parti de gauche et le Parti communistes le soient. Et puis en ce qui concerne la critique des médias, je t’en remercie mais je suis aussi contributeur à Acrimed et j’ai étudié la sociologie des médias. Donc tu ne me feras pas la leçon sur le sujet.
Aucun-e de vous n’a pu me donner un seul argument qui vient invalider mon analyse sur le déséquilibre de ce débat sur ce plateau de Canal Plus.
pour répondre sur le débat, je n’ai absolument pas eu le sentiment d’un déséquilibre en faveur de Morgane Merteuil.
on a commencé par lui sortir son tweet, c’était pas terrible, ensuite Morgane ne coupe jamais la parole et laisse les autres parler. je ne parle même pas de Guaino, ça ne mérite pas de s’arrêter à cet opportuniste qui aurait pu exprimer plus tôt sa position, au moment où ça pouvait être courageux.
ensuite s’il s’agit d’avoir "beaucoup de temps afin de déconstruire des « évidences » du discours dominant", je crois que c’est plutôt du côté du strass que la partie est difficile vu que dire nous on veut une sexualité libre, belle, gratuite,consentie et harmonieuse, avec plaisir et désir réciproques obligatoires pour tout le monde, et à cause de ça on est anti prostitution, ça mange pas vraiment de pain et ça roule ras les pâquerettes.c’est juste une déclaration idéologique creuse et qui ne fonctionne que si les principales et principaux concernés sont muselés. dommage.
ouai… à tous les non abolitionnistes je propose un petit stage en prostitution pour voir…. enfin il serait grand temps que d’anciennes esclaves sexuelles qui représentent la majorité de la prostitution viennent témoigner : le pb ? elles le font trop rarement car elles sont juste traumatisées… ce sont des mouvements comme Le nid qui les représentent… reconnaitre la prostitution comme un esclavage nous est douloureux car ça veut dire faire notre objection de conscience… et reconnaître que oui on massacre et viole des femmes et des enfants sur l’autel du plaisir de quelques uns et pour l’argent car c’est une grosse manne financière…. je suis fière d’être abolitionniste… l’abolition de la prostitution est l’un des dernier grands combats humaniste
PFfff qu’est ce qu’il ne faut pas entendre, le nid …… qui représente les prostituées ? ahaha… Vous voulez dire, l’organisation d’origine chrétienne qui refuse justement de prendre en compte leur parole et qui "ré-oriente" ces femmes, en leur faisant faire des cocottes en papiers dans ces ateliers ?
Les associations de santé communautaire, c’est à dire celles qui laissent s’exprimer ces femmes/hommes, ont un tout autre avis, c’est bizarre non ? Eux, ils pensent à la santé d’abord, au lieu de jouer les grenouilles de bénitier.
Quand au "à tous les non abolitionnistes je propose un petit stage en prostitution pour voir" vous n’avez visiblement pas compris que ce sont justement les prostitué-e-s qui se battent contre cette histoire d’abolition. (dont moi)
Par contre, je n’ai jamais, au grand jamais, vu le nid tenter de se prostituer, ou alors pour faire plaisir à des politiciens
L’abolition ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de prostitution, ça veut juste dire qu’elle sera plus clandestine, plus dangereuse et renforcer les proxos. Moins d’accès à la prévention et à la sécurité, voila ce que cela va donner.
(ps : interdire le cannabis ne l’a pas fait disparaître ….au contraire ….c’est jusque que maintenant, c’est un traffic clandestin caché de la police et personne n’a le contrôle sur les composants de ce qu’il consomme)
C’est pas un combat humaniste, c’est un combat catholique, féministe réac, et d’une naïveté criminelle pour les prostitué-es.
C’est comme ça sur tous les plateaux tv, avec Hondelatte aussi. Les débats sont orientés. De toute manière, un gouvernement dirigé par un parti (ps) qui n’a toujours pas exclu de ses rangs quelqu’un comme Dominique Strauss Kahn n’a aucune crédibilité en matière de lutte contre la prostitution. La pénalisation du client n’est encore qu’une posture à des fins électoralistes. L’ex ministre Bachelot avait fait la même promesse mais ne l’a pas tenue. Donc preuve qu’il ne suffit pas de coller l’étiquette ministre des droits des femmes pour que les choses changent. De belles paroles, mais il n’y aura rien derrière donc aucun intérêt de s’écharper…..